Une structure portée sur le corps, qui prête une partie de la force
Un skieur avec des ressorts le long des cuisses, un patient qui remarche dans un robot de rééducation, un électricien équipé d’un harnais de chantier : trois personnes, une seule appellation.
L’agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) constate qu’il n’existe pas de définition commune. Le consensus de la littérature décrit des structures mécaniques externes portées sur le corps, classées en systèmes actifs ou passifs. L’INRS précise qu’un exosquelette professionnel génère un couple de forces qui réduit ou remplace la force initialement nécessaire à la tâche.
Un exosquelette n’est pas une orthèse
Selon EU-OSHA, l’orthèse sert à soulager des personnes atteintes de pathologies musculosquelettiques, ce qui la sépare de l’exosquelette. Un médecin prescrit l’une ; l’autre se choisit pour une tâche ou une activité. Le guide exosquelette médical et handicap trace cette frontière côté santé.
L’autre sens du mot : la carapace des insectes et des crustacés
En biologie, l’exosquelette est le squelette externe qui soutient et protège le corps d’un animal, comme chez les insectes et les crustacés. Le sens technique reprend l’image : une coque extérieure qui porte. Quand une page parle de ressorts, de batterie ou de marche, il s’agit du sens technique.
Comment ça marche : des ressorts, ou des capteurs, des moteurs et une batterie
Toute la mécanique se ramène à une question : d’où vient l’énergie qui s’ajoute à celle du corps ?
| Pièce | Rôle | Exemples tirés des sources et des fiches |
|---|---|---|
| Ressorts, élastiques, vérins | Stockent l’énergie du mouvement et la rendent ; l’utilisateur doit d’abord les mettre en tension (INRS) | Exosquelettes passifs, dont l’EXO-1 de Hilti : câbles de traction, aucune batterie |
| Capteurs | Détectent le mouvement pour déclencher l’assistance | Hypershell annonce une réaction en 0,31 seconde |
| Moteurs ou autres actionneurs | Apportent la force supplémentaire ; électriques, hydrauliques ou pneumatiques (EU-OSHA) | Moteur de 900 W annoncé pour le Dnsys X1, 800 à 1 000 W pour les Hypershell |
| Batterie | Alimente moteurs et capteurs | 72 Wh incluse sur les Hypershell ; batterie remplaçable en 3 secondes sur le Dnsys X1 |
| Cadre et sangles | Répartissent la force sur le corps, au niveau des hanches, des cuisses ou du dos | Cadre en fibre de carbone et alliage d’aluminium sur les Hypershell |
Un système passif n’ajoute pas de force : selon EU-OSHA, le gain tient à la capacité de tenir plus longtemps des positions éprouvantes, par exemple les bras levés. Les exosquelettes dits hybrides, pilotés par l’activité musculaire ou cérébrale, restent rares. La comparaison point par point se trouve dans le guide passif ou actif.
Trois domaines, trois statuts
En rééducation : un équipement de soin
L’AP-HP présente l’Atalante de la société française Wandercraft comme le premier exosquelette auto-équilibré. L’hôpital Albert-Chenevier l’utilise dans son service de rééducation neurolocomotrice pour la rééducation à la marche et la verticalisation, avec des kinésithérapeutes et des professeurs d’activités physiques adaptées formés à son emploi. Il a été financé par un don.
Au travail : réduire la charge physique, sans preuve établie de prévention
L’INRS range les modèles professionnels par zone du corps : ressorts pour les membres supérieurs, élastiques pour le dos, robots pour le dos, pour les bras ou pour le corps entier. EU-OSHA indique qu’aucun consensus n’existe sur l’efficacité contre les troubles musculosquelettiques et qu’il n’y a pas de certification uniforme. Les marques de chantier sont décrites dans le guide exosquelettes professionnels, la place d’un exosquelette dans un poste dans le dossier travail, BTP et industrie.
En loisirs : marche, randonnée, ski
Les sept exosquelettes du catalogue Amazon.fr relèvent de cette famille : quatre motorisés pour la marche, deux à ressorts pour le ski, une veste de soutien pour le dos, présentés dans le comparatif des sept modèles. Hypershell précise « pas un dispositif médical » et Dnsys décline toute responsabilité en usage médical. Les programmes des armées ont leur propre guide, exosquelette militaire.
Ce que les sources ne démontrent pas encore
- Les effets à long terme sont inconnus, d’après la FAQ de l’INRS (dernière mise à jour affichée en 2018).
- Un exosquelette peut déplacer des contraintes vers d’autres parties du corps. Avec un modèle d’environ 9 kg, la même FAQ relève une fréquence cardiaque plus haute d’environ 15 % en moyenne lors d’une tâche de manutention.
- Les bénéfices sur l’effort musculaire sont établis pour l’élévation des bras et le redressement du buste, sous conditions.
- EU-OSHA signale peu de données scientifiques et recommande de ne l’envisager qu’en dernier recours, après les mesures techniques et organisationnelles.
Les équipements de ce site sont des produits de loisirs ou de travail. Pour une douleur, une pathologie ou un besoin de mobilité, c’est un médecin ou un ergothérapeute qui conseille, pas une fiche de vente. Pour choisir un modèle de loisirs, le guide comment choisir un exosquelette liste les critères.
Questions posées
- C’est quoi un exosquelette ?
C’est une structure portée sur le corps qui prend en charge une partie de l’effort d’un mouvement, avec des ressorts ou avec un moteur. En biologie, le mot désigne le squelette externe des insectes et des crustacés.
- Comment fonctionne un exosquelette ?
Un modèle passif stocke l’énergie dans des ressorts ou des élastiques que l’utilisateur met en tension. Un modèle actif détecte le mouvement avec des capteurs et le complète avec des moteurs alimentés par une batterie.
- Qu’est-ce qu’un exosquelette robotique ?
C’est un exosquelette actif, qui réunit capteurs, moteurs, batterie et logiciel. Hypershell et Dnsys en vendent pour la marche, Wandercraft en développe pour la rééducation.
- Quelle différence entre un exosquelette et une orthèse ?
Selon l’agence européenne EU-OSHA, l’orthèse soulage des personnes atteintes de pathologies musculosquelettiques. Un exosquelette assiste un mouvement pour une tâche ou une activité. Le choix d’une orthèse revient à un médecin.
- Les exosquelettes sont-ils des dispositifs médicaux ?
Certains le sont, en rééducation à l’hôpital. Ceux du catalogue ne le sont pas : les fiches Hypershell indiquent « pas un dispositif médical » et déconseillent l’usage en thérapie ou en rééducation.
- Existe-t-il un exosquelette pour le grand public ?
Oui, pour la marche, le ski et le dos. Sept modèles figurent sur Amazon.fr, tous avec peu d’avis, comparés dans le classement des exosquelettes.